Les trois grâces VR
Oeuvre VR abordant le trouble lié à la territorialité la plus primaire, celle du corps et les relations de pouvoir qui sous-tendent cette micro-territorialité aux frontières définies, mais sujettes à la domination du plus fort agent.








Diffusion
2020. Tournée dans la MRC Thérèse de Blainville, Canada
2020. Fait partie du corpus d’oeuvres d’un livre d’art publié en Corée du Sud
2019. NumériCulture – St-Jérôme, Canada
2018. FILE Festival – Sao Paulo, Brésil
2017. Festival DAVINCI Creative — Séoul, Corée
2017. PHOS – Matane, Canada
2017. ELEKTRA / BIAN, Montréal, Canada
2017. Symposium iX, (SAT), Montréal, Canada
2017. Évènement Culture Montréal, Centre Phi – Montréal, Canada
2017. Sensorium de la SAT, Montréal, Canada
2017. Festival Jump Into VR — NYC. États-Unis
2017. FIFA (Festival international du film sur l’art), Montréal, Canada
2016. Pioneer Works Center for Arts and Innovation, Brooklyn, USA
Par la forme donnée à cette oeuvre, l’usager connote particulièrement la relation de pouvoir qui se joue au fil des interactions corporelles. Au quotidien, la chorégraphie impromptue de notre corps et de nos mouvements, lorsque prise socialement, nous place en rapport spatial avec d’autres corps, ce qui génère un ensemble de signifiants et de sensations dérivés des codes implicites à chaque corps que l’on croise (Stern, 2009) et à la chorégraphie qui les lie. Chaque corps est, d’une part, expressif (porteur d’une charge identitaire, posant des actions dont le choix et l’articulation sont porteurs de sens), mais chaque corps est aussi perceptif, détectant (ou pas) les signes dont une part de la signification naîtra d’un contrepoint opposant de manière subjective l’autre à soi : le jugement. Et ce que la présente pièce fait ressortir ici, c’est la manière dont nous jugeons nos propres gestes envers le corps d’autrui, et plus spécifiquement dans le cas des Trois Grâces, en ce qui concerne la souveraineté du corps. De manière primale, nos rapports spatiaux (la distance et la promiscuité, jusqu’au toucher) nous procurent des sensations d’une très grande intensité, comme s’il existait une territorialité corporelle. Les trois grâces VR met en relief notre relation avec le territoire d’autrui, à travers le jugement que nous portons sur nos propres actions, isolée et exacerbée ici afin d’en faire vivre le sens en toute subjectivité. Immergé, l’usager est à la fois surpris, culpabilisé et fasciné de pouvoir toucher et contrôler un corps. Alors que ce geste ne comporte pas la moindre conséquence dans ce monde virtuel détaché de la réalité, c’est une action ayant conservé toute sa signification dans notre psyché. Ces frontières corporelles codifiées ont une importance toute animale, traitant tout autant du clan que de la mort et de l’éros, alors que la distance (et le toucher) articulent notre interface au monde extérieur, à la matérialité et au social. Bien que ces frontières jouent sur les plans biologique, psychologique, sociologique et anthropologique, la démarche ne cherche ici ni à décrire ni à expliquer la relation de pouvoir qui se joue au niveau corporel, mais bien à la faire ressentir et à proposer un moment qui nous y implique, en tant qu’usager, et qui nous fasse s’observer soi-même dans le rôle que l’on y prend.
Unity 3D + HTC VIVE, 2017,
technologies additionnelles par Morph3D, Tore Knabe, John Porter.
L’artiste tient à remercier la Société des Arts Technologiques (SAT) à Montréal et le Pioneer Works Center for Arts and Innovation à Brooklyn pour les résidences ayant aidé la réalisation de l’œuvre.